J’accouche bientôt, que faire de la douleur ? [Vidéo]

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Voici notre résumé du livre J’accouche bientôt, que faire de la douleur ? de Maïtie Trélaün, en vidéo. 7 minutes pour changer votre regard sur les douleurs de l’accouchement !

Voici la retranscription complète de la vidéo :

Maïtie Trélaün, sage-femme et auteur du livre J’accouche bientôt, que faire de la douleur ? nous raconte qu’un jour, en arrivant chez la femme qu’elle allait accompagner pour son accouchement à domicile, elle la trouve accrochée à son radiateur. À chaque contraction elle enroule la jambe droite autour de sa jambe gauche à tel point que ça fait un tour complet. Voyant cette hyper fermeture, elle est tentée de lui faire changer de position. Mais vu que tout va bien, elle choisit de la respecter et au bout d’une heure, la femme se déroule soudainement et la naissance se fait très vite.

En discutant avec l’ostéopathe qui suivait la jeune maman, elle découvrit plus tard que la position du bébé dans le bassin n’avait pas permis qu’il résolve une tension importante dans l’articulation sacro-iliaque droite. Ce fut une révélation : le femme, guidée par la douleur a pris cette position biscornue, lui permettant de résoudre elle-même la tension et ainsi d’accoucher dans la douceur.

Nous allons découvrir ici une autre manière d’aborder les douleurs de l’accouchement :

Notre société rejette la douleur

Remarquez que la société dans laquelle nous vivons n’accueille pas la douleur mais cherche à la supprimer dès ses premiers signes d’apparition. L’auteur nous rappelle que plus nous prenons des sédatifs, plus nous abaissons notre seuil de ressenti et d’acceptation de la douleur. Et moins nous accueillons la douleur, moins nous pouvons la comprendre, lui donner un sens, une raison d’être. Et tout l’objet de ce livre, c’est de comprendre le sens de la douleur.

La douleur nous protège

L’auteur affirme que la douleur est notre plus grand protecteur. Par ses signaux désagréables qui s’ancrent dans notre mémoire, elle nous aide à maintenir notre intégrité corporelle et nous protège des dangers. Sans elle, la vie ne pourrait pas exister. On n’aurait par exemple pas le réflexe d’enlever notre main du feu lorsque celui-ci nous brûle.

Prenons-la comme guide

Les douleurs d’accouchement se manifestent très différemment d’une femme à l’autre et d’un accouchement à l’autre. Certaines femmes ont compris le sens de la douleur et prennent les douleurs de l’accouchement comme guide : si j’ai mal, c’est qu’il y a une résistance en moi ; là où j’ai mal, c’est à cet endroit que je dois détendre, relâcher, ouvrir, pour que mon bébé puisse sortir. Ces femmes trouvent les meilleures positions d’accouchement pour elle et leur bébé à chaque étape de la naissance, simplement en écoutant leur corps.

Le rite initiatique féminin

Maïtie Trélaün voit l’enfantement comme un rite initiatique, permettant à la femme de devenir mère. Si les rituels initiatiques des éthnies qui nous ont précédé sont réservés aux hommes, c’est que pour les femmes il existe l’enfantement. Les rites varient mais on retrouve toujours un rapport à la douleur comme si l’expérience indicible de la douleur nous permettait de quitter ce que nous étions pour devenir ce que nous sommes. L’enfantement ouvre à la femme l’accès à une partie d’elle qu’elle ne soupçonnait pas : une force et surtout une profonde confiance dans ses capacités à accompagner son enfant dans la vie.

La place du père

La naissance du bébé est donc celle d’une mère, mais ne l’oublions pas aussi celle d’un père. Le père a besoin d’avoir une place lors de la naissance pour réaliser son passage à lui. Il a souvent besoin de comprendre ce qui se passe pour rester en connexion et apporter le soutien et la présence rassurante dont la maman a tant besoin lors de cet événement.

La péridurale : fuite ou solution ?

Pourquoi ne pas avoir recours à la péridurale pour apaiser la douleur ? L’auteur parle d’une étude* randomisée de l’effet de la péridurale sur la douleur. Son résultat est très étonnant : les femmes qui demandent une analgésie péridurale, à qui l’on pose le cathéter mais à qui l’on injecte un produit dénué de tout analgésique, un liquide physiologique tel que nos larmes, sont aussi satisfaites que celles à qui l’on injecte un analgésique. Un contrôle** trois ans plus tard arrive au même résultat. Bien sûr, lors de l’étude ces mères ne sont pas au courant, ni même ceux qui font l’injection (l’étude était en triple aveugles).
Cette étude montre bien la complexité du phénomène de la douleur et le grand besoin de la femme qui accouche d’être rassurée, c’est la plupart du temps pour ça qu’elle demande la péridurale. Il est indéniable que cette technologie a pu aider certaines femmes en souffrance à accoucher plus sereinement, mais à combien de femmes a t-elle provoqué la sensation dans les tripes d’être passées à côté de leur accouchement et de ne pas totalement être devenues mère (provoquant des dépressions post-partum) ?

La douleur devient conscience

La connaissance s’éveille au travers de la douleur. Nous ne sentons nos limites que dans la douleur. C’est par exemple évident dans le domaine de la santé : je ne sens mon estomac que lorsqu’il me fait mal ! Sans cela, je ne sens même pas que j’ai un estomac … c’est dommage. Nous avons en partie perdu cet éveil à nos sens et à nos émotions. Mais il est possible de se réapproprier cette sensoralité. L’auteur ose donc imaginer que l’accouchement sans douleur est possible, non parce qu’on a trouvé le moyen de la fuir mais plutôt parce qu’en améliorant l’écoute et la conscience de notre corps, on l’a rendue inutile.

Pour résumer ce qui m’a marqué et que j’ai beaucoup apprécié dans ce livre, c’est que l’auteur nous amène à aller plus loin que la simple acceptation de la douleur en tant que passage désagréable nécessaire pour accoucher. Elle nous invite à accueillir la douleur avec gratitude (qui alors peut ne plus être définie comme de la douleur) pour bénéficier de tous ses trésors cachés qu’elle peut nous apporter et apporter à notre bébé.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, n’hésitez pas à le lire, le livre est assez technique parfois quant à la biologie humaine, mais vaut vraiment le coup d’être lu.
*Chesnut et al., Anesthesiology 1987 Jun ; 66(6) : 7743-80
**Chesnut et al., Anesthesiology 1990 Apr ; 72(4) : 613-8

 

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